Guérir nos blessures pour respecter le vivant : le miroir entre l’humain et l’animal

Il y a quelque temps j’ai assisté à une conférence sur la guérison des blessures intérieures. Et franchement, en y réfléchissant plus profondément, j’ai réalisé quelque chose. Je me suis fait une réflexion toute bête : en fait, l’humain fait subir ses blessures intérieures au vivant. On a tous des blessures diverses, des traumas qu’on n’a pas réglés. Ce qui est triste c’est que certaines personnes ne rendent pas compte que leurs blessures dictent leur vie et qu’elles font subir leurs traumas au vivant, aux animaux.

⚠️ Petite précision importante avant d’aller plus loin : Je ne suis pas psychologue ni spécialiste de la guérison des traumas des humains, même si je travaille dessus à travers le chien avec Wouf Anti Frousse. Ce que je partage avec toi dans cet article, c’est simplement mon analyse, mon expérience de terrain et mon interprétation à moi.

On n’a qu’à regarder ce qui se passe : les abandons en masse l’été, les cartons de chatons jetés sur le bord de la route… Derrière tout ça, pour moi, il y a juste des gens qui sont incapables de gérer leurs propres émotions et leurs manques.

Et attention, je mets une grosse nuance là-dessus : avoir des blessures, c’est normal. On en a tous, on est humains. Par contre, faire subir sa propre souffrance pour détruire ou négliger ce qui t’entoure, ça, c’est un choix. Car même si on n’en a pas conscience, les personnes qui abandonnent, devraient se poser des questions et arrêter de faire supporter leurs blessures aux animaux. Je peux sembler catégorique mais adopter un animal est une responsabilité, lui faire subir ses traumas n’est pas normal !

Le problème, c’est qu’en ne respectant pas le vivant ou en fermant les yeux, on perd une part de notre humanité. On s’éloigne de notre vraie nature, et c’est le début d’un cercle vicieux.

Pour être plus claire dans ma réflexion, nos blessures non réglées s’immiscent partout dans notre quotidien avec nos compagnons, souvent sans qu’on s’en rende compte.

Prends l’exemple de la blessure d’abandon. Elle peut jouer de deux façons totalement destructrices :

  1. La surprotection : Une personne qui a une peur bleue d’être abandonnée va inconsciemment projeter cette angoisse sur son chien. Elle va le couver à l’extrême, être constamment collée à lui, refuser de le laisser seul… Résultat ? Elle lui transmet toute son anxiété et finit par créer un chien hyperdépendant qui fait de l’anxiété de séparation massive.
  2. Le sabotage (abandonner avant d’être abandonné) : C’est le côté encore plus sombre. Pour fuir sa propre peur de souffrir, la personne applique une stratégie de défense radicale : elle largue l’animal dès que la situation devient difficile (maladie, problème de comportement). Pour s’éviter une rupture émotionnelle qu’elle ne sait pas gérer, elle préfère couper les ponts elle-même et abandonne son loulou en refuge.
  3. Le rejet par commodité (Le chien-meuble) : C’est ce qu’on voit derrière l’excuse classique du déménagement. L’animal est traité comme un simple objet de consommation. Dès qu’il demande un effort d’adaptation ou qu’il perturbe le confort de la nouvelle vie, il est rejeté. L’humain projette sur lui notre propre manque de considération et de valeur pour le vivant.
  4. L’évitement et la lâcheté absolue (L’abandon en forêt) : Attacher son chien à un arbre ou jeter un carton de chatons en pleine nature, c’est la fuite totale devant la culpabilité. Ces personnes sont incapables d’assumer leur acte face aux agents d’un refuge. Pour s’éviter la honte, elles choisissent de faire disparaître le « problème » en cachette, en mode « pas vu, pas pris », quitte à condamner l’animal.

Autre exemple très courant : l’insécurité financière ou la peur du manque. Quand tu vis dans le stress permanent de l’argent, ton corps est tendu, tu es en hypervigilance constante. Le chien, qui est une véritable éponge émotionnelle, le capte. Il ressent cette insécurité ambiante comme un danger invisible. Sa jauge de stress se remplit à cause de tes propres angoisses de fin de mois, et il se met à paniquer en balade ou à devenir réactif. On croit que le problème vient du chien, mais il vient souvent de ce qu’on vibre à l’autre bout de la laisse.

Cette peur du manque d’argent, on la retrouve aussi derrière un autre phénomène : les personnes qui décident de faire faire des portées de chatons ou de chiots à la maison. L’animal est alors vu, inconsciemment, comme un gagne-pain ou une sécurité financière. On capitalise sur lui pour arrondir ses fins de mois, sans mesurer l’impact physique sur la mère, ni la saturation que vivent déjà les refuges.

Mais au-delà de l’argent, faire faire des portées cache parfois une blessure de dévalorisation. Voir son animal donner la vie, s’occuper des bébés et recevoir les compliments des acheteurs, cela procure un shot de reconnaissance. L’humain utilise la puissance créatrice de son animal pour combler son propre sentiment d’inutilité ou son vide intérieur. C’est aussi le cas du transfert par procuration, quand on veut que son animal « connaisse le bonheur d’être maman », projetant nos propres désirs frustrés sur une espèce qui n’a pas du tout les mêmes besoins psychologiques que nous.

On est dans une société hyper matérialiste où l’on essaie de combler nos manques en achetant des objets. Malheureusement, on fait exactement la même chose avec le vivant. On consomme l’animal comme un pansement, et quand il demande trop d’énergie ou qu’il exprime un mal-être qui dérange, on s’en débarrasse.

Au fond, c’est ça la vraie question. Quand on voit comment notre société traite la nature et les animaux, on est obligés de se demander : mais est-ce que l’humain se respecte vraiment lui-même ?

Pour moi, la réponse est clairement non. Ne pas respecter le vivant, c’est une pure forme d’autodestruction.

Pour être capable de jeter des chatons, de maltraiter un animal ou de détruire l’environnement sans sourciller, on est obligé de faire un truc terrible : anesthésier son empathie. On s’éteint de l’intérieur, on se coupe de nos propres émotions pour ne pas ressentir la douleur qu’on inflige. Sauf qu’en se blindant comme ça, on s’autodétruit. On perd notre capacité à vibrer, à aimer et à être simplement en paix.

Un humain qui s’aime, qui se respecte et qui est aligné avec lui-même n’a absolument aucun besoin de dominer ou de détruire plus faible que lui. En fait, on traite le vivant exactement comme on traite notre propre intériorité.

Je veux que les choses soient claires : expliquer pourquoi l’humain agit mal à cause de ses fêlures, ce n’est pas lui trouver des excuses. Ce n’est pas parce qu’on a des blessures qu’on a le droit de maltraiter les animaux ou de les négliger. Eux, ils n’ont rien demandé. Ils n’y sont pour rien dans nos histoires et nos traumas passés.

On n’a pas à leur faire subir nos névroses. Un animal nous donne une confiance aveugle, il dépend entièrement de nous pour vivre, manger, être en sécurité. C’est une responsabilité immense.

Je ne juge pas les blessures des gens, on en a tous. Ce qui me révolte c’est que les gens ne se soignent pas pour respecter au moins leurs animaux.

Et pour être tout à fait honnête avec toi, je n’échappe pas à la règle : j’ai moi-même mes propres mécanismes. Je pense que j’ai clairement le syndrome du sauveur… en tout cas pour les animaux ! Mais la différence, c’est qu’il faut en être conscience pour ne pas polluer notre relation avec eux. On doit être leur refuge, pas leur bourreau.

Heureusement, il n’y a pas que du noir. Dans mon quotidien, je vois passer tout l’inverse avec mes clientes. Ce sont des gardiennes qui ont auprès d’eux des chiens qui ont un lourd passé, des traumas ou une hypersensibilité de dingue.

Et ce qui est magique, c’est de voir à quel point s’occuper d’un animal sensible, ça peut inciter l’humain à bosser sur lui-même. Pour aider son chien, la gardienne est amenée de regarder ses propres peurs en face, d’apprendre la patience, de poser ses limites et de calmer son propre stress.

Au lieu de déverser leur mal-être sur leur animal, ces femmes choisissent de guérir avec lui. Le chien ne subit pas leurs blessures, il devient un vrai partenaire de résilience. Ils avancent ensemble, main dans la patte et se réparent mutuellement.

Si tu te reconnais dans cette description, je t’invite à découvrir mon accompagnement : Wouf Anti Frousse.

Bref, tout ça pour dire que si on veut respecter la Nature et le vivant, ça commence d’abord par prendre soin de notre propre cœur et soigner nos propres blessures. Sinon, on continuera de faire souffrir le vivant. Et honnêtement, ils subissent suffisamment tous les jours avec toute cette maltraitance, ces abandons…

Cette vision des choses, c’est la mienne. Elle n’est peut-être pas la vérité absolue. Mais en sortant de cette conférence, c’est le déclic que j’ai eu. Ça m’a poussée à regarder notre lien aux animaux d’une tout autre manière, et j’avais besoin de partager cette réflexion avec toi aujourd’hui.

Et toi, qu’en penses-tu ? Est-ce que tu as l’impression que ton histoire personnelle influence ta relation avec ton animal ? Tu as la parole en laissant un commentaire sous cet article, cela me fait plaisir d’échanger que tu sois d’accord avec moi ou non.

Je sais qu’il n’est pas toujours facile de déposer ses ressentis dans l’espace public des commentaires.

Si ces mots ont résonné en toi, si tu as envie de partager ton histoire de gardienne ou simplement d’en discuter, tu peux me contacter par l’intermédiaire que tu préfères. Je te lirai et te répondrai avec beaucoup de plaisir et bien sûr sans aucun jugement.

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